jeudi, février 12, 2009

La crise, comment en sortir?

Les avis divergent surtout chez les économistes

15 commentaires:

  1. En ce mois février 2009, la crise économique et financière est tellement profonde que certains en viennent à remettre en cause les fondements de notre société de libre-échange. D’autres encore, et non des moindres, sont plutôt à la recherche de boucs émissaires. Bref, la recherche des causes bat son plein. Rien de plus normal. Cependant, on peut se poser la question de savoir si la cause première est moins à rechercher dans le système qu’en nous mêmes. Sortir de la crise, n’est-ce pas d’abord sortir de sa crise ? Et, pour illustrer ce paradoxe apparent, rien ne vaut un détour par ce bon vieux Kant et son célèbre « Qu’est-ce que les lumières ? ».

    Pour être un homme des Lumières au sens de Kant, « il n’est rien requis d’autre que la liberté ; et à vrai dire la liberté la plus inoffensive de tout ce qui peut porter ce nom, à savoir celle de faire un usage public de sa raison dans tous les domaines ». Là encore, pour être concret, Kant donne des exemples de tuteurs ou de directions étrangères qui nous maintiennent en situation de minorité intellectuelle: l’officier qui dit « ne raisonnez pas, exécutez » ; le financier qui dit : « ne raisonnez pas, payez » ou le prêtre qui dit: « ne raisonnez pas, croyez ». Bref, Kant n’est pas un adepte de la pensée unique. Si nos hommes politiques, si nos dirigeants d’entreprise, si nos économistes s’étaient décidés à « raisonner », peut-être n’en serions nous pas là. Mais ils sont un peu, voire souvent, paresseux et lâches. Nous aussi d’ailleurs. Nous avons les élites qu’on mérite et qu’on se choisit. Nous sommes les premiers à applaudir des leaders qui nous promettent la lune, des dirigeants qui nous bercent de storytelling .
    Ils aiment le faire car nous aimons qu’ils nous le fassent. Ils se posent en tuteurs car nous aimons être traités en mineurs.
    Comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce qui a rendu possible le fracas du consensus social qui a caractérisé la période dite des trente glorieuses dans les pays occidentaux ? Comment a-t-on pu lâcher la bride à ce point aux intérêts à court terme des financiers, et ce à droite comme à geuche (n’oublions pas que l’un des principaux artisans de la dérégulation financière en France fut Pierre Bérégovoy) ? Une hypothèse possible réside peut-être dans l’illusion produite par les « trente glorieuses » que la croissance et la progression du pouvoir d’achat n’avaient guère de limites, que les gains des salariés pouvaient augmenter indéfiniment : on vit apparaître, puis prospérer les rémunérations « individualisées », au « mérite » (mérite de ceux qui servent le mieux le capital). A travail égal, salaire inégal, sauf bien entendu pour les plus bas de ceux-ci. Les classes dites moyennes ont largement été abreuvées parce qui n’est au final, bien souvent, qu’une illusion, comme le montrent les délocalisations, dont les effets ont de plus été largement sous-évalués par les commentateurs économiques. Elles l’ont encore été en 2007, lorsque le fameux slogan « travailler plus pour gagner plus » a été pris au pied de la lettre par une majorité de ces classes moyennes. Peut-être la crise actuelle dessillera-t-elle certains yeux. Peut-être.

    bon bonne nuit f..g

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  2. Je trouve votre article trés bien vu. Votre analyse est excellente. Si seulement ceux qui nous gouvernent pouvaient perdre une partie de leurs certitudes( érigées en dogmes..) ceux pour qui la répartition des richesses est un gros mot et n’a aucun sens ; ceux pour qui la course à la Fortune est l’objectif unique (avec comme letmotiv : tout pour moi, des miettes pour ceux qui travaillent et rien pour ceux qu’on laisse sur le côté de la route et qui pourtant ont leur utilité :
    dans un premier temps fragiliser l’emploi et créer du chômage permet de "mater" les vélléités de ceux qui travaillent et de brider les exigences sociales.
    augmenter la Bourse,
    faire travailler plus pour gagner moins, ceux à qui on a fait l’honneur de donner un emploi, précaire,mal payé, temporaire mais qui rapporte tant aux actionnaires( je parle des grands actionnaires car je refuse de mettre dans le même sac le petit actionnaire et l’ogre qui l’a avalé) etc etc... Notre époque aime le Virtuel. La BOURSE et ses actionnaires en sont le meilleur exemple. Ce qui n’empêche pas certains de continuer à y croire,de spéculer à la hausse, à la baisse et de mettre la planète Humaine en danger. Il faut croire que cela profite bien à certains. Je viens de voir un film sur la ruée dans les mines de diamants en Afrique en 1902, rien n’a changé car l’appétit de puissance et de richesse non pas des pauvres mais de ceux qui les mènent, n’a pas de limites....Et devinez qui a gagné lors de cette ruée ? Un journaliste souffrant de "cécité de caste" a écrit un jour des années 70 80, que les travailleurs en voulaient toujours plus et qu’il fallait supprimer les "privilèges sans fondement" des Petits ; électricité moins chère,charbon en partie donné, prêt avec taux moindre aux employés de banque etc la liste est longue de ces "privilèges" que le patronat, les dirigeants, etc ont si bien entendus qu’ils ont réussi à en culpabiliser les bénéficiaires. et ont réussi trés vite à supprimer... Depuis un autre "mot" est apparu ; "rentabilité". Maintenant il faut travailler pour rien sauf si on est dirigeant d’une multinationale ou actionnaire... Une grande partie de la planète meurt de faim pendant que des fortunes colossales et indécentes se bâtissent car, ceci sera le mot de la Fin et de la Faim , de ma colère qui dure et croit depuis 30ans, : "Il y a des riches parce qu’il y a des pauvres et Il y a des pauvres parce qu’il y a des riches" les uns directement induits par les autres.........

    marc Dorcelle Mons

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  3. et vous fg, comment vous situez vous par rapport à kant ? tuteur ou mineur ??
    Curieuse défense que poser la question "sortir de la crise ou sortir de ma crise ? " pour justifier celle que nous traversons !?!
    Tous les français "es" n'ont pas choisi d'être élus. Tous n'ont pas souhait de gouverner. Tous n'ont pas choisi d'être tuteurs. Est ce pour autant que les élus et les économistes peuvent s'octroyer le droit de prendre ces français pour des ploucs ?
    Le rôle d'un tuteur est noble. Il est synonyme de force, de loyauté, de lumière... le mineur (ou pupille si vous le permettez) est normalement synonyme de "protégé" ce qui n'induit pas qu'il soit un imbécile ou un veau... Quand le tuteur déroge à sa noblesse, lorqu'il devient l'antonyme de loyauté et de lumière, c'est évidement le mineur qui subi. Vous ne pourrez jamais me faire croire que le second est responsable de la situation. Remettre en cause cela reviendrait à dire que les juifs, les communistes et les tsiganes furent responsables de leur déportation ?

    Je trouve Kant à moi que votre analyse a en ce sens quelque chose d'abject, de lâche, parce qu'elle sous entend que l'ouvrier serait responsable de la fermeture de l'usine, que la ménagère est complice de sa baisse de pouvoir d'achat, que l'étudiant est l'auteur de son échec. Etc
    L'histoire se répète...

    Kant à "béret", lui, s'est sans doute rendu compte qu'il a été à un instant de sa vie un mauvais tuteur. Dommage, il en est mort.

    bonne nuit s..o

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  4. un grand dirigeant communiste s'était extasié devant les pyramides.

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  5. Encore formé à "l'ancienne" au raisonnement simpliste, on parle de
    crise mais à la télé l'on parle de
    stations de skis pleines à craquer,
    alors pourtant il faut y aller ( à pieds ?) s'équiper, payer et repayer
    des "tire-fesses" es-ce le mot ?
    revenir bien bronzés.. que c'est beau, nous en avons de la chance, il faut en profiter, c'est sûr ! quoi ?
    vous parlez de crise ???

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  6. La crise actuelle est la superposition de trois crises. Il faut d’abord répondre à l’urgence qui est la crise de liquidités. En panne de confiance, les banques ne se prêtent plus entre elles et ne prêtent plus aux entreprises et aux ménages. Pour préserver le crédit, qui est essentiel au bon fonctionnement de l’économie, l’Etat doit donc intervenir et constituer un pôle public bancaire. Les nationalisations et les prises de participation doivent être définitives et assureront à l’Etat les moyens de contrôler le bon travail des banques.

    Il faut en second lieu résoudre la crise financière. Plutôt que de racheter les créances douteuses du secteur financier, les pouvoirs publics doivent soutenir les ménages en situation de faillite en leur donnant les moyens financiers de faire face à leurs obligations. Toute aide au secteur financier doit donner lieu à des contreparties qui peuvent passer par la nationalisation confiscatoire des entreprises qui ont échouées. Il ne s’agit pas simplement de punir les dirigeants. Il faut aussi punir les actionnaires qui ont élu ces dirigeants.

    Troisièmement, cette crise est le produit de la faillite d’un modèle économique fondé sur l’idéologie libérale. Il faut donc revoir en profondeur les règles qui régissent la finance et le commerce. Afin de limiter la spéculation stérile, il faut taxer les mouvements de capitaux. Inutile d’attendre un consensus général. C’est parfaitement possible de le faire à l’échelle de l’Europe. Il faut également interdire les transactions qui vont ou qui viennent de pays ou territoires à la législation laxiste (paradis fiscaux). Enfin, il faut garder à l’esprit que cette crise est une conséquence de la pauvreté et de la stagnation des salaires. Les gouvernements doivent donc préserver les travailleurs de la concurrence des pays à bas coût en imposant des taxes à toute importation qui viennent d’un pays qui pratique le dumping social ou environnemental.

    Que f g médite

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  7. Le 18è siècle, celui des lumières, nous a appris a décomposer la réalité du monde en divers composantes et à les étudier séparément. Notre formation en est encore très largement imprégnée. La réalité du monde est infiniment plus complexe car tout interagit et retroagit avec tout. Décomposer correspond au mode de fonctionnement de notre cerveau. Bien des difficultés proviennent du fait que nous ne savons pas voir le monde dans sa complexité infinie.

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  8. C'est par la théorie du chaos qu'on commence à comprendre cette complexité.

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  9. Le rythme de la crise aura à déterminer les dénonciations, les mobilisations et les consignes dans chaque moment, bien qu’il faille comprendre que la détérioration de la situation économique et sociale peut obliger à durcir très rapidement le discours et les objectifs, sans qu’il soit défini des limites au moment de réclamer des solutions : la nationalisation des entreprises et des secteurs sous contrôle des travailleurs n’est pas une consigne impensable si la crise prend une allure encore plus destructrice.
    Et comme il ne peut pas autrement être, la politique d’alliances a à être cohérente avec les objectifs qui ont été tracés. Il ne faut pas déposer lamentablement beaucoup de confiance dans les syndicats majoritaires CCOO et UGT. Ils ont donné les preuves manifestes d’être préoccupés d’ôter les problèmes des gouvernements et les obstacles devant l’ordre neoliberal. Ils croient en système et conséquemment l’appuient et le défendent des perturbations. En cas d’une aggravation très sérieuse de la situation, quand à force de ne pas se considérer comme au courant des méfaits de la crise entraînerait pour eux une perte d’autorité et de légitimité, seul une chèvre peut attendre un changement d’attitude de leur part. Jusqu’à présent ils se sont bornés à s’exprimer avec une dureté relative sur les tentatives de décharger la crise sur les travailleurs, mais les faits ne rendent pas les mots fiables et, en tout cas, jusqu’à présent ils ont seulement commencé à noter les effets de la crise sur l’emploi.
    Inévitablement la résistance devra compter avec les secteurs critiques syndicaux, les syndicats minoritaires les plus combatifs, elle exigera de prêter appui aux luttes qui surgissent des conflits dans les entreprises et les secteurs productifs et ,en fin, appuyer et intégrer les mouvements sociaux qui tentent d’empêcher la dégradation des services publics et à leur tête la santé et l’éducation.
    Il faut regretter que les temps qui se profilent soient ceux d’une crise, puisque les nuisances, qui compliquent à l’extrême l’existence quand les moyens manquent pour survivre, seront pour les travailleurs et les couches sociales les plus faibles. N’est pas écrit qui dans ces circonstances peut faire une avancée politique significative dans la lutte pour un autre monde, puisque plusieurs fois on a vu que les croissants malaise sociaux et l’insécurité économique nuisaient aux victimes, créaient des peurs dans la population, et ycompris ouvraient les portes aux avancées du sascisme, néanmoins, il est dans les obligations de la gauche antisystème d’œuvrer pour que cela n’ait pas lieu, en combianant les luttes de résistance avec le combat idéologique contre le capitalisme et la défense, pour le dire sans outrance, du socialisme.

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  10. 30 ans de crise, 3 millions de chômeurs, des millions de précaires et des millions de salariés qui subissent un stress de plus en plus pénible, 3 défaites aux élections présidentielles, que faut-il de plus aux dirigeants des partis de gauche pour se mettre au travail ?

    Les statuts du PS indiquent que "deux fois par an" une Convention doit être organisée pour approfondir une partie du projet des socialistes. Depuis le 21 avril 2002, le PS aurait donc dû tenir 10 grandes Conventions. Il n'y en a eu aucune ! Aucun débat de fond en 5 ans, voilà l'une des causes majeures de la défaite du printemps 2007.

    Hélas, dix-huit mois après cette nouvelle défaite, rien n'a vraiment changé. Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages mais la gauche n’a pas d’alternative à proposer. "Le PS est d'autant plus inaudible qu'il n'est pas en état de proposer des réformes alternatives."

    "Jamais le PS n'a paru aussi mou et fragile.".

    nico au boulot

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  11. "Le préjugé foncier est de croire que l'ordre la clarté la méthode doivent tenir à l'être vrai des choses, alors qu'au contraire, le désordre, le chaos, l'imprévu, n'apparaissent que dans un monde faux ou insuffisamment connu, --bref sont une erreur ; c'est là un préjugé moral, qui vient de ce que l'homme sincère, digne de confiance, est un homme d'ordre de principes, et a coutume d'être somme toute, un être prévisible et pédantesque. Mais il est tout à fait impossible de démontrer que "l'en soi" des choses se comporte selon cette définition du fonctionnaire modèle"
    Depuis longtemps le chaos est synonyme de désordre, de confusion et s’oppose à l’ordre et à la méthode. Nietzsche sera un des premiers penseurs à réhabiliter la notion de désordre. De nombreux chercheurs en sciences dites « dures » se sont intéressés aux mouvements dit chaotiques. Ils ont confirmé que, contrairement à ce que la pensée déterministe, paradigme dominant actuellement, martèle depuis des lustres, il se pourrait qu’il y ait de l’équilibre dans le déséquilibre, de l'organisation dans la désorganisation. Pour définir ce à quoi fait référence la théorie du chaos, je me devais de faire un petit détour historique et de décrire rapidement quels étaient les concepts en lien avec cette théorie.
    Ces concepts sont issus des sciences que nous qualifierons de "dures" telles que les mathématiques, la physique, et ont ensuite été appliqués à des phénomènes sociaux.
    C'est pourquoi, je me suis tout d'abord tournée vers la physique, pour comprendre ce qu'était ce chaos ; ayant pour objectif de comprendre comment ces concepts pourraient, à terme, être appliqués aux Sciences Humaines ou sciences "molles".

    marc D

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  12. @Marc D.
    Ce serait bien si vous nous donniez quelques pistes pour en savoir plus sur la théorie du chaos et son rapport avec la crise actuelle.

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  13. La crise comment en sortir? Changeons nos comportements de consommateurs. Voir ici.

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  14. Edward Lorenz, professeur de mathématique au MIT (Massachusetts Institut of Technologie) est le père officiel de la théorie du chaos. Il observa le phénomène en 1961 et l'ironie du sort a voulu qu'il découvre ce qui s'appellera plus tard la théorie du chaos par hasard, à la suite de calculs visant à prévoir les phénomènes météorologiques.
    Ces prévisions nécessitaient un nombre très important de calculs. En effet les phénomènes météorologiques obéissent aux lois de Newton, aux trajectoires des corps, etc... et donc au calcul d'équations différentielles très complexes du fait du nombre astronomique de variables entrant en jeu. Pour résoudre ces équations, Lorenz les a tout d'abord simplifiées au maximum, jusqu'à obtenir un système de trois équations avec trois inconnues, mais les calculs restaient impossibles à faire à la main. Il utilisa donc un ordinateur, un Royal McBee LGP-300 ; il ne faut pas oublier que nous sommes en 1961 et que les ordinateurs de l'époque étaient extrêmement volumineux, bruyants, lents, chauffaient énormément et qui plus est, étaient beaucoup moins fiables qu'aujourd'hui. Un beau jour, après plusieurs heures de calcul l'ordinateur retourna sous forme de colonnes de chiffres les résultats des équations, Lorenz décida alors de repasser une deuxième fois ces données dans l'ordinateur pour s'assurer des résultats. Mais au lieu d'entrer les variables à six chiffres après la virgule il décida de n'en garder que trois pour gagner du temps. Il pensait, comme beaucoup de mathématiciens à l'époque, qu'une faible variation dans les variables à la base d'un calcul aussi complexe aurait une incidence du même ordre de grandeur sur le résultat final. Et peut-être la chaleur dégagée par l'ordinateur y était-elle aussi pour quelques choses dans cette décision. Seulement voilà, lorsqu'il compara les deux séries de résultats, il cru tout d'abord à une erreur ou un disfonctionnement dans l'ordinateur, mais celui-ci fonctionnait parfaitement, et pourtant les résultats étaient totalement différents.
    Il venait de découvrir le comportement chaotique d'un système non linéaire, soit que d'infimes différences dans les conditions initiales d'un système déterministe entraînaient des résultats complètement différents. On appellera plus tard cette théorie, la théorie du chaos. Ce nom, fut trouvé par le mathématicien Yorke, en 1975. Lorenz entreprit alors de représenter graphiquement la solution de son système au moyen de son ordinateur. Il vit alors apparaître sa deuxième découverte : les attracteurs. En effet, il traça la courbe d'évolution de son système météorologique avec deux jeux de valeurs initiales très proches, et comme il s'y attendait les trajectoires des deux courbes semblaient identiques au départ mais divergeaient de plus en plus. Par contre ce à quoi Lorenz ne s'attendait pas, c'est que les deux courbes soient plus ou moins identiques, pas point par point mais dans leur ensemble. Les deux courbes ressemblaient aux ailes déployées d'un papillon. Il eut beau recommencer l'expérience autant de fois qu'il le voulait, il obtenait toujours le même résultat.

    Le physicien David Ruelle qui se pencha sur la question qualifia cette figure d'"attracteur étrange". Et pour être étranges ils l'étaient et le sont toujours. Les trajectoires ne se coupent jamais, et pourtant semblent évoluer au hasard formant des sortes de boucles pas tout à fait concentriques, pas tout à fait sur le même plan, mais formant des figures indiscutablement reconnaissables. Des années plus tard Mandelbrot découvrit la géométrie fractale et vit que l'attracteur de Lorenz en était une, comme la grande majorité des attracteurs étranges.
    Pour mieux faire comprendre l'importance de cette sensibilité aux conditions initiales, Lorenz eut recours à une métaphore qui contribua au succès médiatique de la théorie du chaos : "le simple battement d'ailes d'un papillon au Brésil pourrait déclencher une tornade au Texas". Ainsi une donnée infime, imperceptible, pouvait aboutir à une situation totalement différente de celle calculée sans tenir compte de cette donnée infime.

    Bien à vous marc D

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  15. simple question : va-t-on pour sortir de la crise augmenter les
    impôts locaux puisque une vraie crise
    se profile à l'horizon pour l'ensemble des collectivités, nous ne voyons pas encore à l'horizon de
    sérieuses économies nécessaires ??
    simple question, bien sûr !

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