Je suis heureux d'avoir été appelé par l'association "SOS Jas de la Maure" pour contribuer à l'action citoyenne contre le site de compostage de Saur . Avec mon épouse nous avons passé 25 années les plus belles de notre vie à Callian. Elle repose au colombarium de Callian et je l'y rejoindrai qaund mon tour viendra. Je reste attaché au pays de Fayence et je continuerai d'alimenter le blog créé en 2005 avec des réflexions. En voici la première. La préservation des liens sociaux est capilale pour toutes les personnes âgées. Je rétablis les commentaires anonymes.
Les sociétés humaines ne progressent jamais dans l'unanimité factice. C'est une loi immuable : toute communauté fonctionne par le dissensus. Les divergences d'intérêts, les visions opposées du territoire et les sensibilités culturelles ou environnementales sont la matière première de la vie en société. Le conflit d’idées n'est pas une anomalie, c’est le point de départ.
Dès lors, le véritable défi démocratique n'est pas de nier ce dissensus, mais de le transformer. C'est ici qu'intervient une subtile mécanique d'acteurs. Le rôle des élus politiques, des réseaux d'influence, des associations citoyennes et des blogueurs n'est pas d'imposer une vérité unilatérale, mais de fabriquer du consensus. Chacun à leur place : les blogueurs et les associations éclairent, alertent et apportent l'expertise citoyenne ; les élus arbitrent, planifient et engagent la responsabilité publique. Toute personne de la société, quel que soit son rang dans la hiérarchie, a quelque chose d'utile à dire qui mérite d'être entendu dans certaines circonstances.
Dans cette dynamique, il faut aussi accepter une vérité fondamentale : un maire peut se tromper, et se trompe effectivement. Reconnaître qu'une décision initiale peut être ajustée ou amendée face à la complexité des faits n'est pas une faiblesse politique, c'est la marque d'une gouvernance éclairée. Ce qui devient une faute, en revanche, c'est l'obstination dans l'erreur par refus du dialogue.
Pour avancer, notre pays si fragmentée aujourd'hui, doit réapprendre les vertus du compromis. Le compromis n’est pas une capitulation, c'est l'art de construire une solution acceptable par tous, issue de la confrontation des points de vue.
La situation au site de compostage du Jas de la Maur en est la parfaite illustriation. En matière de traitement des déchets ou d'infrastructures industrielles, aucune solution n'est exempte de la possibilité de n'être pas totalement satisfaisante. La méthanisation a ses contraintes de transport, la pyrogazéification a ses coûts d'investissement, et le compostage à ciel ouvert a ses nuisances olfactives intolérables. Le risque zéro ou le projet parfait n’existent pas. Il s’agit seulement de choisir, ensemble, la solution la plus juste, la plus moderne et la moins pénalisante pour la collectivité.
Ce défi se pose aujourd'hui de manière cruciale à la Communauté de Communes du Pays de Fayence. Face au dossier du site de compostage du Jas de la Maure, nos villages concernés ne peuvent plus se contenter de repousser le problème chez le voisin ou de fermer les yeux. Les élus du Pays de Fayence doivent sortir de la gestion court-termiste pour co-construire, avec les associations et les citoyens, ce nouveau consensus territorial. Le compromis vers des technologies propres n'est plus une option, c’est le prix à payer pour préserver notre cohésion et notre avenir commun.
En démocratie, le succès d'une politique publique se mesure au degré de consensus qu'elle parvient à dégager, avant d'être validé par le verdict des urnes.
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