Installés
sur leur terrasse, à l’abri du cagnard, Christian et Evelyne repensent à
un reportage qui les a marqués, tourné sur une île grecque. Faute d’or
bleu, les habitants étaient ravitaillés en eau par bateau.
« On y est »,
constatent-ils. Ce couple de retraités vit sur les hauteurs de
Seillans, un village perché du Var, l’un des plus beaux de France. Comme
400 foyers de cette commune de 2 700 habitants, ils sont concernés par
un arrêté municipal restreignant leur consommation d’eau : depuis fin
mai, ils sont tenus à ne pas dépasser 150 litres par jour et par
personne. L’alimentation en eau courante de leur quartier, ils la
doivent au ballet d’un camion-citerne… presque comme dans les Cyclades.
Consciencieux,
Christian et Evelyne ont vérifié tous les branchements et canalisations
de leur propriété, pour détecter d’éventuelles fuites. Ils surveillent
tous les jours leur compteur d’eau, et ont arrêté d’utiliser leur
lave-vaisselle : assiettes et couverts sont nettoyés dans une bassine
vidée ensuite dans le massif de verdure qui borde leur terrasse. Ils ne
font plus tourner le lave-linge, mais se rendent à la laverie. Ils n’ont
pas lancé beaucoup d’invitations pour les vacances, au vu de la
situation. « Hier, on a fait fort : on a consommé 50 litres à deux. » Une chose cependant grève leurs efforts : l’eau de la piscine. Faut-il la laisser s’évaporer et verdir ?
Récupération de l’eau de pluie
Comme tout le monde, le couple attend « une belle pluie d’orage », qui remplirait les sources.